Favoriser l’autonomie numérique : un projet solidaire au sein de SOS Casamance

Dans le cadre de sa deuxième année de BTS Économie Sociale et Familiale (ESF), Vabisalini Mohanakant a réalisé un stage enrichissant au sein de l’association SOS Casamance. Cette expérience lui a permis de mettre en pratique les compétences acquises durant sa formation tout en répondant à un besoin concret identifié auprès des bénéficiaires : l’accès et la formation aux bases de l’ordinateur et d’Internet.

Une formation tournée vers l’accompagnement

Le BTS Économie Sociale et Familiale forme des techniciens supérieurs capables de conseiller et d’orienter des personnes rencontrant des difficultés dans leur vie quotidienne : problèmes financiers, démarches administratives, alimentation, accès aux droits ou encore insertion sociale.

Le stage de deuxième année constitue une étape essentielle de la formation. Il permet de travailler directement auprès d’un public, d’identifier ses besoins et de proposer une action adaptée. C’est également l’occasion de développer des compétences professionnelles telles que l’écoute, l’organisation, le travail en équipe et la conduite de projet.

C’est dans ce cadre que Vabisalini a choisi d’effectuer son stage à l’association SOS Casamance, une structure engagée dans l’accompagnement des personnes en difficulté, notamment face aux barrières linguistiques, aux problèmes financiers ou aux démarches administratives.

« Je ne connaissais pas l’association auparavant, mais j’ai découvert cette opportunité grâce à mon lycée, qui avait transmis une liste d’anciens lieux de stage. »

« J’ai choisi de faire mon stage à l’association SOS Casamance car c’est en lien avec mon bts économie sociale et familiale et j’aime bien aider, apprendre ce que je sais aux gens. »

Un besoin identifié : lutter contre la fracture numérique

Au cours de son stage, Vabisalini a mené un diagnostic à l’aide de questionnaires et de guides d’entretien. Les échanges avec les bénéficiaires et le directeur de l’association ont mis en évidence une difficulté majeure : plusieurs adultes ne maîtrisaient pas l’utilisation de l’ordinateur et d’Internet, et certains n’y avaient même jamais eu accès.

Dans un contexte où de nombreuses démarches administratives se réalisent désormais en ligne, cette situation constituait un véritable frein à l’autonomie.

« Les bénéficiaires ont exprimé leur volonté d’apprendre les bases du numérique afin de pouvoir effectuer leurs démarches de manière indépendante. »

La mise en place d’un projet d’initiation au numérique

Pour répondre à ce besoin, Vabisalini a élaboré un projet intitulé « Accès et formation aux bases de l’ordinateur et d’Internet ». Le projet s’est organisé autour de trois séances collectives d’1h30, proposées chaque mercredi à un groupe de six personnes, « même si la participation variait entre trois et quatre personnes en raison d’imprévus. »

Le contenu des séances était progressif :

  • Première séance : découverte des différentes parties de l’ordinateur et de leur utilité.
  • Deuxième séance : manipulation de l’ordinateur et apprentissage des étapes pour l’utiliser.
  • Troisième séance : découverte d’Internet et sensibilisation aux dangers du numérique.

Des supports pédagogiques adaptés ont été créés par Vabisalini, ainsi qu’un questionnaire de satisfaction et un QCM pour évaluer les acquis.

Une réflexion sur l’accès au matériel

L’association ne disposant que d’un seul ordinateur, Vabisalini a également réfléchi à l’amélioration de l’accès au matériel informatique. Elle a rédigé une fiche projet détaillée et établi un budget prévisionnel en vue de demander un financement pour l’achat de trois ordinateurs de bureau et deux ordinateurs portables. Cette demande de subvention permettra, une fois acceptée, d’offrir aux bénéficiaires davantage de temps de pratique et de renforcer leur autonomie.

Des difficultés surmontées

« La principale difficulté que j’ai rencontrée a été l’irrégularité de la participation entre les séances, souvent liée à des imprévus personnels, religieux ou de santé. Le nombre de participants était parfois inférieur aux prévisions. » Pour faire face à ces situations, Vabisalini a su adapter ses supports et son animation en fonction du nombre de personnes présentes, démontrant ainsi sa capacité d’adaptation et sa flexibilité.

Un apprentissage professionnel et humain

« Ce projet a été une expérience particulièrement formatrice. Il m’a permis d’apprendre à analyser les besoins d’un public avant de proposer une action, à définir des objectifs clairs et à structurer un projet. J’ai également développé mes compétences en communication, en organisation et en animation de groupe. »

Au-delà des compétences techniques, cette expérience lui a fait prendre conscience des difficultés rencontrées par certains adultes face au numérique et de l’importance d’un accompagnement patient, bienveillant et pédagogique.

« Le projet m’a permis de répondre à un besoin réel au sein de la structure. Malgré le manque de matériel au départ et le peu de personnes, les premières séances ont montré l’intérêt et la motivation des participants. Cette expérience a été enrichissante professionnellement et personnellement. Elle m’a permis de mieux comprendre le rôle d’un professionnel en économie sociale et familiale, notamment dans l’accompagnement vers l’autonomie et les difficultés rencontrés. »

Dianké MARNA,

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