Université d’Été de la Goutte d’Or 2026 : faire du quartier un espace de réflexion, de dialogue et de pouvoir d’agir

Université d’Été de la Goutte d’Or 2026

Université d’Été de la Goutte d’Or 2026 : faire du quartier un espace de réflexion, de dialogue et de pouvoir d’agir

Du 18 juillet au 15 août 2026, SOS Casamance organise la première édition expérimentale de l’Université d’été de la Goutte-d’Or. Au cœur du 18ᵉ arrondissement de Paris, cette initiative citoyenne invite habitants, familles, jeunes, associations, artistes, professionnels, militants et acteurs institutionnels à se retrouver pour réfléchir ensemble à l’avenir du quartier.

L’objectif est clair : partir des réalités vécues dans la Goutte-d’Or pour faire émerger des propositions concrètes et construire, collectivement, un territoire plus solidaire, plus inclusif et plus écologique.

📊 Du 18 juillet au 15 août 2026–- Durée de l’Université d’Été de la Goutte d’Or

Table des matières

Une université populaire au cœur du quartier

L’Université d’été de la Goutte d’Or repose sur une conviction essentielle : la citoyenneté ne se limite ni aux institutions ni aux périodes électorales. Elle se construit également dans les rues, sur les places, dans les associations et dans tous les espaces où les habitants peuvent prendre la parole et agir sur leur environnement.

SOS Casamance expérimente ainsi une forme d’université populaire de proximité, gratuite et ouverte à toutes et tous. L’enjeu est de permettre la rencontre entre plusieurs formes de savoirs :

  • les savoirs universitaires et professionnels ;
  • les expériences des associations ;
  • les récits des habitants ;
  • les pratiques des artistes ;
  • les connaissances transmises entre générations.

La place Cheikha Remitti et plusieurs autres lieux du quartier deviennent ainsi des espaces de débat, de création et de proposition. Les rencontres ne sont pas conçues comme de banales conférences descendantes. Cartes mentales, panneaux participatifs, témoignages, ateliers d’écriture, activités artistiques et discussions collectives permettent à chacun de contribuer.

La démarche s’organise autour de trois principes : écouter, comprendre et proposer.

Cette approche rejoint la dynamique associative déjà présente dans le 18ᵉ arrondissement, où de nombreuses structures accompagnent les enfants, les jeunes, les familles et les habitants dans leur parcours citoyen. citeturn0search0

Un premier portrait citoyen de la Goutte-d’Or

La diversité comme richesse du territoire

La journée de lancement, consacrée au thème « La Goutte d’Or, quartier de citoyenneté et de diversité », a permis de dresser un premier portrait collectif du quartier.

Les participants ont mis en avant de nombreux atouts :

  • une grande diversité culturelle et alimentaire ;
  • un caractère cosmopolite affirmé ;
  • une solidarité entre habitants ;
  • une forte présence associative ;
  • une mixité sociale et générationnelle ;
  • des commerces variés et dynamiques ;
  • une capacité à créer du lien entre des personnes d’origines et de parcours différents.

Ces richesses constituent une véritable force pour le quartier. Elles racontent une Goutte d’Or vivante, créative et capable de faire coexister de nombreuses cultures et générations.

Des préoccupations quotidiennes à ne pas invisibiliser

Les échanges ont également permis de faire apparaître des difficultés concrètes :

  • le sentiment d’insécurité dans certains espaces ;
  • l’insalubrité et les nuisances nocturnes ;
  • la présence de rats et de souris ;
  • la stigmatisation du quartier ;
  • le manque de certains commerces et services ;
  • le besoin d’activités destinées aux familles et aux femmes ;
  • l’entretien insuffisant de certains espaces publics.

L’intérêt de la démarche est de ne pas opposer les forces et les fragilités du territoire. Les habitants peuvent à la fois défendre leur quartier, en montrer les richesses et demander des améliorations.

Plusieurs propositions ont ainsi émergé : renforcer la médiation de proximité, soutenir davantage les associations, améliorer l’entretien des espaces publics, développer la végétalisation, favoriser les lieux de rencontre et valoriser une image plus juste de la Goutte-d’Or.

Parentalité, éducation et réussite des jeunes

La rencontre du mercredi 22 juillet 2026 a placé les familles, la parentalité et la réussite éducative au centre des discussions.

Avec Mme Oumy Fall, de Témtéman – Le Colibri, les participants ont notamment échangé autour des 1 000 premiers jours de l’enfant, de l’importance de l’accompagnement familial et de la place des pères et des coparents dès la naissance.

Cette réflexion rappelle que l’éducation commence bien avant l’entrée à l’école. Elle repose sur un environnement sécurisant, une présence attentive des adultes et une coopération entre les différents acteurs qui entourent l’enfant.

Une carte mentale consacrée à la réussite a mis en évidence le rôle complémentaire de plusieurs partenaires :

ActeursContribution à la réussite des jeunes
FamillesAccompagnement, écoute, transmission et soutien quotidien
ÉcoleApprentissages, orientation et suivi éducatif
AssociationsLoisirs, accompagnement, ouverture culturelle et citoyenneté
QuartierLiens sociaux, ressources locales et sentiment d’appartenance
InstitutionsAccès aux droits, soutien aux familles et coordination

Les échanges ont également souligné la nécessité d’améliorer le dialogue entre les parents, les établissements scolaires et les associations. Une meilleure coordination peut permettre de repérer plus tôt les difficultés et de proposer un accompagnement adapté aux familles.

La journée s’est poursuivie par un atelier intergénérationnel animé par Karim Jaafari, poète et musicien, en partenariat avec les Éditions Xérographiques. Autour du thème « Raconter un objet de famille », les participants ont écrit, dessiné, raconté et mis en voix des souvenirs personnels.

La mémoire familiale devient alors un outil d’éducation. Elle permet de transmettre des histoires, des valeurs et des repères, tout en donnant aux enfants et aux jeunes une place active dans le récit collectif. citeturn0search1

📊 Parentalité, éducation et réussite des jeunes–- Thématique de la deuxième rencontre

Santé mentale : parler pour mieux prévenir

Le mercredi 29 juillet 2026, l’Université d’été a consacré une rencontre à la santé mentale, au bien-être et à la prévention.

Les discussions ont fait apparaître plusieurs facteurs susceptibles de fragiliser les personnes :

  • l’isolement ;
  • les difficultés financières ;
  • le stress au travail ;
  • la précarité ;
  • les violences ;
  • les discriminations ;
  • le harcèlement ;
  • la dépression ;
  • les difficultés psychologiques.

Mais, les participants ne se sont pas limités à dresser un constat. Les panneaux participatifs ont permis de faire émerger des pistes d’action : rompre l’isolement, parler de ses difficultés, faciliter l’accès aux soins, développer les activités culturelles et sportives, renforcer l’information et encourager l’entraide.

L’intervention de Mme Saldia, présidente de l’Association Arc-en-Ciel, a également permis d’aborder les liens entre handicap, inclusion et santé mentale. Cette approche rappelle que la prévention ne peut pas être dissociée de l’accessibilité, de la lutte contre les discriminations et de l’accompagnement social.

La santé mentale a par ailleurs fait l’objet de plusieurs initiatives dans le 18ᵉ arrondissement en 2026, notamment autour de la prévention chez les adolescents, de la parentalité et de la déstigmatisation. citeturn1search1turn1search2

Un message essentiel ressort de cette rencontre : parler de santé mentale ne doit plus être associé à la honte ou à l’exclusion. Créer des espaces d’écoute constitue déjà une forme de prévention.

Engagement citoyen, vie associative et écologie populaire

La rencontre du samedi 1ᵉʳ août 2026 a interrogé la capacité des habitants à participer pleinement à la vie de leur quartier.

Faire de la fête un outil de participation

Avec Mme Kiminta Verdier et Mme Gaëlle, de la Salle Saint-Bruno, les participants ont réfléchi à la 41ᵉ édition de la Goutte d’Or en Fête.

Les propositions formulées témoignent d’une volonté de construire un événement réellement représentatif du quartier :

  • préparer des ateliers créatifs en amont ;
  • développer la poésie dans plusieurs langues ;
  • représenter davantage les différentes cultures ;
  • créer une scène poétique ;
  • donner une place importante aux enfants ;
  • renforcer les échanges intergénérationnels ;
  • valoriser la participation des femmes ;
  • conserver le défilé ;
  • développer la danse et les bals ;
  • mettre en avant les cuisines du quartier ;
  • créer des tables ouvertes ;
  • mieux décorer l’espace public ;
  • valoriser les artistes et les talents locaux.

L’enjeu dépasse donc l’organisation d’une fête. Il s’agit de faire d’un événement marquant un véritable outil de participation citoyenne, de transmission et de reconnaissance des habitants.

Une écologie populaire, concrète et accessible

Avec Mme Stéphanie Genty, de La Goutte Verte, les discussions se sont ensuite ouvertes sur la biodiversité urbaine, la transition écologique et le changement climatique.

L’écologie populaire part du quotidien. Elle concerne notamment :

  • la végétalisation des rues et des places ;
  • l’accès à une alimentation de qualité ;
  • la propreté ;
  • l’entretien des espaces publics ;
  • la biodiversité ;
  • la mobilisation des habitants ;
  • la capacité de chacun à contribuer à un quartier plus résilient.

Cette approche permet de relier les enjeux environnementaux aux préoccupations sociales. Améliorer le cadre de vie, créer des espaces de fraîcheur, soutenir les initiatives locales et favoriser la participation des habitants sont autant de leviers pour construire une transition écologique juste.

📊 Engagement citoyen, vie associative et écologie populaire – Cinquième rencontre

La place des femmes au cœur des échanges

La parole des femmes constitue une dimension transversale de l’Université d’été de la Goutte-d’Or.

Au fil des rencontres, leur place est apparue dans plusieurs discussions : parentalité, éducation, santé, sécurité, accès aux loisirs, engagement associatif, culture et vie du quartier.

Les contributions recueillies montrent la nécessité de créer davantage d’espaces où les femmes peuvent :

  • prendre la parole librement ;
  • participer aux décisions ;
  • développer leurs projets ;
  • accéder aux activités culturelles et sportives ;
  • s’engager dans la vie associative ;
  • se sentir en sécurité dans l’espace public ;
  • occuper pleinement leur place lors des manifestations du quartier.

Cette parole doit nourrir le Cahier de propositions citoyennes. Elle rappelle que l’égalité femmes-hommes ne constitue pas un sujet isolé, mais un principe à intégrer à toutes les politiques et initiatives locales.

Une clôture placée sous le signe des diversités et des solidarités

La journée de clôture, prévue le samedi 15 août 2026 à La Goutte Verte – Square Alain Bashung, prolongera la réflexion autour du thème :

« De nos diversités à nos solidarités : transmettre les mémoires, partager les cultures, construire demain ! »

La première séquence, avec SKARABRI, artiste et auteure, sera consacrée aux plantes, aux cultures et aux mémoires du monde présentes à la Goutte-d’Or.

De 16 h à 17 h, la rencontre « Diasporas et solidarité internationale », avec Mme Dieynaba d’Espaces Diaspora et M. Mike SYLLA, styliste designer et concepteur du label BAIFALL DREAM CREATION, permettra d’interroger le rôle des diasporas et leurs engagements ici et ailleurs.

Les échanges porteront notamment sur de nouvelles formes de solidarité fondées sur :

  • la réciprocité ;
  • la coopération ;
  • la transmission ;
  • les liens entre territoires ;
  • le pouvoir d’agir des habitantes et des habitants.

Une troisième séquence reviendra sur Saint-Bernard 1996-2026 : 30 ans de mémoire, de luttes et de solidarités, avec notamment le témoignage d’Anzoumane Sissoko, élu du 18ᵉ arrondissement.

La journée s’achèvera par une respiration artistique, une restitution citoyenne et le bilan de cette première édition expérimentale.

Du débat au Cahier de propositions citoyennes

L’un des principaux résultats attendus de l’université d’été est de conserver les paroles recueillies et de leur donner une suite.

SOS Casamance souhaite rassembler les constats, témoignages et propositions dans un Cahier de propositions citoyennes de la Goutte-d’Or.

Ce document pourra s’organiser autour de plusieurs axes :

Axe de réflexionEnjeux principaux
Citoyenneté et vie associativeParticipation locale et soutien aux initiatives
Parentalité et éducationAccompagnement des familles et réussite des jeunes
JeunesseEngagement, loisirs et accès aux ressources
Santé mentalePrévention, écoute et inclusion
Égalité femmes-hommesPrise de parole et sécurité
Culture et mémoireTransmission et valorisation des récits
Écologie populaireBiodiversité, alimentation et cadre de vie
Lutte contre les discriminationsÉgalité et respect des diversités
Diasporas et solidarité internationaleCoopération et engagement transnational

Ce cahier pourra constituer une base de dialogue entre les habitants, les associations, les institutions et les élus. Il permettra également de suivre les propositions dans le temps et d’identifier les conditions nécessaires à leur mise en œuvre.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’Université d’Été de la Goutte d’Or 2026 ?

L’Université d’été de la Goutte d’Or 2026 est une initiative citoyenne organisée par SOS Casamance du 18 juillet au 15 août 2026 dans le 18ᵉ arrondissement de Paris. Elle propose des rencontres, débats, ateliers et activités artistiques autour de l’avenir du quartier.

Qui peut participer aux rencontres ?

L’initiative est ouverte à toutes et tous : habitants, familles, jeunes, associations, artistes, professionnels, militants, acteurs institutionnels et personnes souhaitant découvrir ou soutenir les dynamiques locales.

Quels sont les principaux thèmes abordés ?

Les rencontres portent notamment sur la citoyenneté, la diversité, la parentalité, l’éducation, la jeunesse, la santé mentale, l’engagement associatif, la place des femmes, la culture, les mémoires, l’écologie populaire et les solidarités internationales.

À quoi servira le Cahier de propositions citoyennes ?

Le cahier rassemblera les constats, témoignages et propositions formulés pendant l’université d’été. Il pourra servir de support de dialogue entre les habitants, les associations, les institutions et les élus.

Pourquoi parler d’université populaire ?

L’expression « université populaire » désigne un espace de transmission et de réflexion accessible à toutes et tous, où les savoirs académiques et professionnels rencontrent ceux issus de l’expérience quotidienne.

Chiffres clés

📅 Du 18 juillet au 15 août 2026 : quatre semaines de rencontres citoyennes au cœur de la Goutt-d’’Or.

🗣️ 3 principes : écouter, comprendre et proposer.

👥 9 axes de propositions : citoyenneté, éducation, jeunesse, santé mentale, égalité, culture, écologie, discriminations et solidarités internationales.

🎭 Une clôture le samedi 15 août 2026 : une journée consacrée aux diversités, aux mémoires et aux solidarités.

Conclusion

La première université d’été de la Goutte-d’Or montre qu’un quartier populaire et multiculturel peut devenir un véritable espace de réflexion, de dialogue et de construction collective.

Les rencontres organisées par SOS Casamance ont permis de faire entendre les réalités vécues, sans renoncer à mettre en valeur les richesses du territoire. Elles ont également ouvert un espace où les habitants peuvent passer du constat à la proposition, de la parole individuelle à la force collective.

Derrière la diversité des thèmes abordés se dessine une aspiration commune : ne plus seulement parler des habitants, mais construire avec eux.

Faire de la diversité une richesse, des paroles une force et des solidarités un pouvoir d’agir : c’est tout le sens de l’Université d’été de la Goutte-d’Or 2026.

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